Toujours le même combat

dave-wai-moy

Source: http://www.kingscombatfitness.com/

Bonne année à tous, avec une semaine de retard ! J’espère que vous avez tous passé de très bonnes fêtes de fin d’année ! Et… … oui, je sais. Une semaine de retard, c’est rien. En revanche, ça fait 8 mois que je n’ai plus rien écrit. Les derniers articles postés étaient presque espacés de 2 mois chacun. Shame on me, vous pouvez le dire. La régularité est un concept qui m’est inconnu depuis bientôt un an. Mais j’aimerais reprendre l’écriture. Même si ça ne vole pas très haut. J’estime que ma pause a duré assez longtemps. Mes doigts se sont bien reposés, je reprends du service !

Cet article n’a pas pour but d’expliquer les raisons pour lesquelles j’ai arrêté d’écrire (la flemme/le manque d’inspiration) ou les raisons pour lesquelles je reprends l’écriture (oups). Je viens vous parler aujourd’hui du combat que je mène depuis une quinzaine d’années (ça va vous paraître beaucoup mais tout est vrai, je ne grossis pas les chiffres). Ce combat, qui me prend tellement au ventre et qui est vecteur de stress et parfois de tristesse, c’est celui que je mène contre moi-même.

Ça a commencé alors que je devais avoir 6 ans. A l’époque je faisais de la gymnastique (j’en ai fait pendant 6-7 ans). Et à l’époque, déjà, je me comparais à mes camarades. Je ne saurai pas vous dire combien je pesais à l’époque car ça ne devais pas être bien lourd, mais je me souviens nettement complexer sur mes cuisses. Lorsque nous étions en justaucorps, je scrutais les cuisses de ces petites gymnastes aux joues roses pour ensuite les comparer aux miennes. Le verdict était sans appel : mes cuisses étaient plus grosses que les leurs. Avec du recul, quand j’ai revu des photos de moi à l’époque où je pratiquais la gymnastique, je me suis demandée comment j’avais pu faire une fixette sur mon corps alors que BORDEL j’étais un cure dent. 6 heures de gymnastique par semaine. Pour une petite de cet âge, c’était suffisant pour me rendre toute mince. Et malgré tout, la seule chose que je retenais, c’est que j’avais des cuisses plus grosses.

la vérité c’est que j’avais une stature plus imposante qu’elles : les épaules plus large, les os plus épais cf les poignets

C’est à cette époque que mes complexes ont commencé.

A 9 ans, on m’a diagnostiquée la maladie d’Osgood Schlatter. (je vous insère un lien pour que vos puissiez voir de quoi il s’agit en détail car je vais en parler sommairement)

http://www.allodocteurs.fr/maladies/maladies-rares/maladie-d-039-osgood-schlatter-grandir-ca-peut-faire-mal_5428.html

Il s’agit d’une maladie qui touche surtout les garçons (je suis une fille et oui, je l’ai eu) en période de croissance qui pratique une activité sportive intensive où les impulsions sont répétées (ici, la gym). Des douleurs se font ressentir au niveau du tendon des genoux, suivi de gonflements. Il est alors très douloureux de plier les genoux, je ne vous parle même pas de se mettre à genoux… Bref, j’ai eu ça, j’ai bien morflé et j’ai dû arrêter la gymnastique. S’en est suivie une pause d’un an sans sport. J’avais 9-10 ans. Le problème, c’est que j’avais l’habitude de manger en grande quantité puisque je faisais beaucoup de sport. Pour combler mon appétit d’ogre j’ai mangé. Beaucoup. Sans me dépenser. Ce qui m’a conduit au surpoids (ou pas loin du surpoids) à l’âge de 11 ans. Encore une fois je n’ai pas de chiffres en tête mais j’avais un beau bidou bien rond ! Vers 10-11 ans, un club d’escrime a ouvert à côté de mon village de l’époque. Mes genoux allaient mieux, ma mère m’a proposée de m’inscrire, chose que j’ai faite et il se trouve que j’ai aimé ce sport. J’en ai fait 10 ans en tout.

Mais, contrairement à la gymnastique, l’escrime ne m’a pas fait maigrir. Ce sport n’est pas connu pour ça. Avec la puberté et sans modifier mes habitudes alimentaires, je frôlais toujours le surpoids (je me base sur l’IMC ici, même si on est d’accord que c’est pas l’indice le plus pertinent). J’étais à 24,5, 25,5 (le surpoids commence à 25).

Vers 13 ans, j’étais mal dans ma peau et pendant une période j’ai commencé à arrêter de manger le soir ou bien à boire des soupes en sachet. J’ai dû tenir 3 semaines. Je me pesais tous les matins en espérant avoir perdu 500 grammes à chaque fois. Mais sur le long terme ? Bah, j’ai repris les 3 kilos perdus bien vite après avoir recommencé à manger le soir. J’en ai même repris 3 de plus. Et toute mon adolescence j’ai été complexée par mon corps sans pour autant avoir le courage de changer d’alimentation ou de faire davantage de sport.

Quand j’ai eu 16 ans, j’ai intégré le Pôle Jeune France Sabre Dame à Orléans. C’est là où allaient les escrimeuses qui avaient un bon niveau et qui, avec leurs entraînements, pourraient prétendre aux compétitions internationales. Là-bas, j’avais 10 heures d’escrime par semaine si je me souviens bien. C’était crevant, très crevant. Et ça donnait faim, très TRES faim. Alors je mangeais. Beaucoup. Je finissais même les assiettes de mes copines. Et puis je n’étais pas très bien dans ma peau et dans ma vie. Ma famille me manquait, j’étais toujours très mal dans ma peau etc donc j’avais aussi des choses à combler. Et quoi de mieux que la bouffe pour ça, mes ami(e)s ? Là je peux vous parler de chiffres (que vous sachiez mon poids ne me rendra pas plus ou moins grosse maintenant). En terminale, je suis montée à 78 kilos pour 1m72. Il y avait du muscle, certes, mais la masse graisseuse était bien là. La graisse enrobait le muscle en quelque sorte (toi aussi tu verras plus jamais le verbe « enrober » de la même manière, maintenant?).

Je me souviens d’ailleurs que pour le sport au bac y avait musculation et les charges à soulever étaient proportionnelles à notre poids. Pour la presse, je devais soulever une cinquantaine de kilos (soit le poids de certaines de mes potes, ça la fout mal…). Bah les gars, j’ai réussi mais j’ai souffert…

Mais à la fin du lycée, mon niveau d’escrime était insuffisant, le haut niveau ça ne me disait rien et je ne voulais pas rester dans le Centre alors je suis remontée dans mon très cher NORD-PAS-DE-CALAIS (j’insiste, à l’époque c’était toujours ça et, NON D’UN LAMANTIN BOURRÉ, dans mon cœur, ce sera toujours le Nord-Pas-de-Calais. Laissez la Picardie aux picards, je suis certaine qu’ils sont du même avis que le mien).

Bref, je suis remontée. Je suis entrée en L1 d’histoire de l’art à Lille et pendant 2 ans j’ai vécu en résidence universitaire du CROUS. Au début j’étais pleine de volonté et d’espoir : travailler dans un musée, faire des visites-guidées, manger sainement, aller à tous les entraînements d’escrime (oui, parce que je ne l’ai pas dit mais à 15 ans, je suis partie de mon club de campagne pour m’inscrire au club d’escrime de Roubaix. Donc à mon retour à Lille, je m’entraînais là-bas), sociabiliser avec les gens de la fac. Résultat :

– aujourd’hui je me réoriente parce que pour bosser dans un musée faut passer les concours de la fonction publique territoriale et qu’il n’y a presque pas de postes pour des milliers de candidats

– j’ai mangé mal, parfois trop, parfois peu, ce qui m’a valu une perte de 8 kilos (je suis donc descendue à 70 kilos pour 1m72, ce qui ne me déplaisait pas) et des aigreurs d’estomac à mourir (par contre ça j’ai toujours et c’est dû à un mauvais dosage d’anti-inflammatoires quand j’ai eu ma maladie des genoux, à 9 ans).

– je n’allais pas à tous les entraînements car j’avais beaucoup trop de boulot avec la licence, j’étais épuisée, déprimée et j’avais une heure de transports en commun pour y aller et une heure pour revenir

– Je me suis fais 3 amies en licence. Je ne parlais à personne tant que mes amies n’étaient pas là. Y a une partie des gens que je méprisais de toute mon âme et l’autre qui semblait sympa mais j’étais trop timide pour leur parler.

Bilan poids : 70 kilos mais pas moins de complexes. Je me trouvais toujours trop grosse, à peine plus belle dans un jean. J’avais toujours mes capitons, de la cellulite, ma peau d’orange. Rien n’allait, ma vie était nulle, j’étais nulle.

Ete 2015, avant la licence 3 : je rencontre un garçon, il est gentil, il est intelligent, il est intentionné, il est drôle, il est beau : BIG LOVE (et c’est toujours le cas, je lui mets la pression pour qu’il m’épouse, j’y arriverai un jour). L’amour, c’est bien, l’amour c’est beau mais l’amour ça rend tellement feignant ! Et je n’accuse pas mon copain car je suis parfaitement consciente que je n’en branle pas une ! Les journées « séries », les semaines « dodos », les mois « jeux-vidéos » couplés à la cuisine TROP BONNE de beau-papa, ça laisse des marques. J’ai pris du poids. Et puis j’avais toujours beaucoup de boulot avec la licence. Je ne m’y retrouvais plus avec l’escrime, j’y allais très peu. Plus le temps, plus l’envie. Bref, la dépravation. Et même si j’ai un copain merveilleux qui me répétait sans cesse que j’étais très jolie et que le poids n’était pas un problème, moi je me voyais toujours énorme et bloblotante de partout. J’ai essayé de faire du sport par moi-même pendant un temps mais j’ai lâché au bout de quelques semaines, ne voyant pas les résultats et ayant du mal à me motiver toute seule.

Le déclic, ou plutôt la grosse claque en pleine face, ce fut lors de l’été 2016. Heureuse dans mon couple, invitée en vacances par ma belle-famille, j’ai bien profité des spécialités du Périgord. Un peu trop, même. Je ne sais plus où je me suis pesée mais je me souviens très bien des chiffres : 87. 87 kilos… Ce n’était pas possible, je n’y croyais pas. Au début, je riais même. Mais non, ce n’était pas une blague. IMC de 27 quelque chose, les pantalons qui ne fermaient plus, les difficultés respiratoires lorsque je montais les escaliers et un manque de souffle généralisé. Il m’avait fallu voir les chiffres pour comprendre. Pourtant je ne m’en étais pas rendue compte, c’était étrange. Comme quoi, moi qui m’était vu e énorme une grande partie de ma vie, je ne m’étais pas rendue compte de ma plus grosse prise de poids. 17 kilos entre ma L2 et la veille de mon Master 1. Ça fait mal.

Et bien sûr, à ce moment-là, mes défauts ne pouvaient plus m’échapper. J’ai pleuré, je ne savais plus comment m’habiller. Je ne savais plus quoi faire. Mais plus que mon aspect physique, ma santé déclinait. Je le sentais et c’était terrible. Je regardais toutes ces femmes super bien gaulées dans la rue et je me suis dit que ce n’était pas juste. Que parmi elles, il y en avait certainement qui mangeaient n’importe quoi, n’importe quand et qui ne prenaient pas un gramme. Je me suis mise à les détester et aussi à détester mon métabolisme.

Mais, à un moment, je me suis dit que si je faisais comme j’avais toujours fait (c’est-à-dire rien), c’était les 90 kilos qui m’attendaient. Alors j’ai ravalé mes larmes et j’ai pris la décision de me mettre au sport pour de bon. En septembre, je me suis inscrite en salle de sport. Et ce n’était pas pour y aller 2 fois. J’y allais 3 fois par semaine (parfois 2, parfois 4 selon mon travail) mais j’y allais régulièrement. J’ai d’abord galéré. Je ne savais pas quoi faire en premier : vélo d’appartement ? Tapis de course ? Rameur ? Vélo elliptique ? Musculation ? Les premières séances, c’était nul. J’utilisais mal les machines, je m’essoufflais trop vite, j’étais démotivée. Alors j’ai commencé à réfléchir mes séances et à les optimiser. Un jour, je ferais du cardio, un autre de la musculation des jambes/bras/fesses/dos etc. Et les résultats ont commencé à venir. Je rentrais à nouveau dans mes pantalons, j’avais à nouveau du souffle, ma taille se redessinait et SURTOUT mon copain voyait les changements et me le faisait remarquer. Bien qu’il se fiche de mon poids (c’est lui qui l’a dit, c’est pas moi, promis ce n’est pas de l’auto-persuasion), il m’a félicitée car il sait que me remettre en forme est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et que son soutien est essentiel pour moi. Alors le « Wow, tu as perdu du ventre, il est plus dessiné, c’est très joli. » il motive à continuer le cardio et le gainage, c’est moi qui vous le dit !

Et donc, tu en es où aujourd’hui ?:

Et bien, entre septembre et décembre j’ai perdu 6 kilos. J’en suis très fière. Avec les fêtes j’ai repris 2 kilos, j’en suis pas fière. Mais je sais qu’en reprenant mon rythme de sport en 2 semaines tout aura disparu. Maintenant, mon objectif est de poursuivre mes efforts et d’arriver à 70 kilos à la fin de l’année. Ça me semble réalisable mais il va falloir que je me calme avec la bouffe parce que sérieusement, là, j’ai englouti de la galette des rois, c’était pas beau à voir.

Mon combat continue donc pour arriver à une silhouette qui me plaît. C’est difficile, il m’a fallu 21 ans pour avoir le déclic. Mais maintenant que je l’ai, je vais me donner à fond pour obtenir ce que je veux. Parfois, je déprime beaucoup, je me trouve toujours très grosse et à d’autres moments je vois mes efforts et m’encourage à les poursuivre. Le cheminement est long mais j’espère y arriver !

Et toi, tu as aussi envie de faire du karaté à ton ventre, de la boxe à tes fesses ou du catch à tes cuisses ? Ou bien tu t’acceptes comme tu es (et tu as bien raison!) ? N’hésites pas à en parler dans les commentaires:)

Bisous,

Ophélie

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4 réflexions sur “Toujours le même combat

  1. Hello, je passe par la et decouvre ton blog. J’aime bien. Surtout que cet article me parle beaucoup : jeune je complexais enormement sur mes cuisses aussi. En fait encore aujourd’hui mais ca va mieux, je me soigne ^^
    J’ai connu la boulimie (vomitive dans mon cas) mais des que j’ai viree les nuisibles de ma vie, etrangement, tout est allée bien mieux !
    Aujourd’hui j’ai une relation (presque) saine avec ma nourriture et une veritable addiction au sport. D’ailleurs je commence demain une formation reconnue par l’Etat pour devenir coach sportif. Et si tu le souhaite, quand j’aurai acquis les compétences et connaissances necessaires, je serai ravie de te donner quelques conseils.
    Bonne continuation dans ton combat 😉

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai que c’est dingue de constater que des personnalités toxiques peuvent être à l’origine de TCA. En tout cas, je suis ravie que tu retrouves un équilibre et j’espère que tu vas t’éclater dans ta formation!
      Bonne continuation à toi aussi, bonne soirée 😀

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  2. J’avoue que je complexe aussi. Quand j’étais gamine un médecin avait sorti à ma mère que j’étais obèse, que j’avais plus de dix kilos en trop, alors que c’était faux : j’avais grand max 3kg en trop et j’étais un peu épaisse, mais c’était dû à une ossature plutôt lourde (non non c’est pas de la mauvaise foi ^^). Cependant trop tard : j’ai sombré dans une spirale anorexie-boulimie (je m’affamais puis je craquais et je bouffais) et du coup ma silhouette a fait yo-yo pendant des années.
    Je devrais me remettre au sport, il y a même une salle à proximité de chez moi, mais je déteste être entourée de monde et je sais que je n’y serais pas à l’aise. Il me faudrait ma salle de sport perso ! Si j’avais la place chez moi j’achèterais un vélo d’appartement, ce serait pas mal pour commencer…

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  3. C’est vrai que la salle de sport ne réussit pas à tout le monde. Moi j’arrive à tenir grâce à mes écouteurs qui sont toujours sur mes oreilles et parce que je vais souvent à la salle aux heures creuses. Mais c’est vrai que ce n’est pas forcément agréable d’avoir autant de monde autour de soi.
    Après il y a la bonne vieille méthode du tapis de sol et des exercices de fitness à faire chez soi. Youtube pullule de vidéos de sport. Si ça t’intéresse, SissyMUA et Georgia Secret font des programmes pas mal. Après on peut se faire des programmes perso en reprenant certains exercices.
    Ce qui me semble bien, ce sont les vidéos courtes de cardio. On galère, on sue mais c’est court et efficace!
    Ce qu’il faut, c’est trouver la motivation, pour ça, ce n’est pas toujours évident mais quand on l’a trouvée on est fière 🙂

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