Vivre ou réussir?

Outre Facebook, Instagram et parfois Twitter, j’ai depuis septembre grandement limité mes « hobbies ». D’abord parce que je voulais me consacrer davantage à la réussite de mes études ensuite parce que je n’avais plus le goût de certaines choses. Oui, ça peut faire partie de l’évolution d’une personne que de changer d’envies et de se lasser. On grandit ou on développe des intérêts qu’on trouve bien plus passionnant. Soit.

Cependant, en y réfléchissant un peu plus, je me suis rendue compte que proportionnellement à l’arrêt de certaines activités, mon stress et mon mal-être allaient en grandissant. Pas une si bonne idée que ça, la vie uniquement consacrée aux études (d’autant plus que les résultats ne sont pas plus brillants que les années passées alors que l’investissement est supérieur, enfin…). Alors pourquoi ne pas reprendre les activités en question? Le problème est simple, si ça allait moins mal avant, pourquoi ne pas reprendre l’ancien rythme? Je n’y arrive pas, voilà tout. Je me l’interdis en fait.

Situation compliquée. Pourquoi m’interdire ce qui pourrait potentiellement me détendre et me faire aller mieux? Et bien parce que la peur de rater mes études m’a conduite à éprouver de nombreuses peurs. Pour la plupart des gens, se priver pendant ses études (plus de vacances, moins de temps pour soi et pour sa famille/ami etc) c’est normal.

Et à par ça c’est censé être une des meilleures périodes de notre vie. Bah putain, c’est pas la mienne.

Puisque qu’il faut trimer pendant nos études, ne faire que ça (?) (car c’est apparemment comme ça qu’on « réussi »), est ce qu’avoir des hobbies ne me ferait pas « perdre » du temps de révisions et donc me ferait louper mes examens?

La réponse que la plupart des gens auront sera « Non mais tu as besoin de décompresser, tu vas devenir folle sinon! ». Oui, je sais, merci. Le soucis c’est que dans mon cursus qui demande un travail de tous les diables permanent, le moindre moment que je m’accorde se transforme en conflit interne, mêlant culpabilité et révolte. Une partie de moi veut se poser sous peine de craquer tandis que l’autre me reproche de ne pas continuer à travailler.

Je suis quelqu’un de simple qui ne se prend jamais la tête, oui…

Du coup je me rends malade à ne faire que bosser, ce n’est pas plus productif qu’avant (en tout cas je ne vois pas grande différence) et je me sens 10 fois plus mal. Ah si, j’ai la chance d’avoir quelques personnes de mon entourage qui me disent « Oh c’est bien, tu es une bosseuse! » Voilà tout ce que je gagne, avec quelques notes qui tournent autour de 14-15 dans les meilleurs cas. Mais j’ai aussi un sublime 6 dans ma poche et un 2 qui m’attend gentillement (exam demain et matière pas révisée par manque de temps et parce que le cours n’est pas un cours mais une hécatombe).

Mais pire que tout, ce qui alimente encore plus cette privation de loisirs que je m’impose, c’est le manque de reconnaissance de la part des professeurs. Eux qui nous reprochent sans arrêt qu’on ne travaille pas assez ou que l’on devrait savoir ça ou ça, lire ça ou aller voir ça. Ils doivent vivre dans un espace-temps dans lequel les journées font 48 heures (au moins) et doivent avoir des capacités cognitives hautement supérieures à la moyenne qui leur permettent de retenir tout ce qu’ils lisent/voient/entendent en une seule fois!

Et quand tu sais que tes vacances de Noël vont être pourries et pas reposantes du tout à cause des fêtes et des révisions mais qu’ils sortent la phrase désormais devenue culte:

Profitez bien de vos vacances pour vous reposer et de profiter des fêtes  mais n’oubliez pas de réviser!

Quand j’entends ça, je ne peux m’empêcher d’avoir des envies de meurtres. Penser que coupler les concepts de repos et de révisions pendant les vacances de Noël est possible, c’est une sacré chimère! Rien qu’avec les fêtes, on est mort et derrière ça il faudrait trouver le temps de se reposer et de réviser. C’t’une bonne blague! Je serai davantage partante pour qu’on nous dise « Bonne chance parce que vous allez en chier comme des bœufs! » là ce serait plus représentatif de la situation. Soit tu te reposes, soit tu fais la fête, soit tu bosses. CHOISI.

Je suis bien consciente que je m’inflige une grande rigueur. Et je sais bien que matériellement rien ne m’oblige à me tuer autant à la tâche. Le problème c’est que, dans toute ma scolarité (et j’imagine que dans celle de beaucoup de monde) on m’a « invitée » à bosser encore plus que ce que je faisais déjà sans avoir aucune reconnaissance en retour. Remarquez, ça doit former à la vie active… (Youhou.)

J’aimerai juste qu’on arrête de prôner l’acharnement au travail comme étant quelque chose de normal. Je ne trouve rien de normal dans tout ça. Mépriser des élèves/étudiants ne les rendra pas plus brillants. Les plus forts s’accrocheront, se conformant aux attentes des professeurs et du système qui pensent tout bien diriger et les autres se rendront malades et n’auront aucune confiance en eux, pensant que leur valeur s’arrête à leurs notes sur un bulletin.

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Source: http://www.atlantico.fr

Vous l’avez compris, je suis énervée, fatiguée de me rendre malade avec un système qui ne me permet pas de m’épanouir. Mais celui-ci étant le seul chemin menant au monde du travail, je dois baisser la tête et continuer à me conformer à tout ça, le Gaviscon sous le bras pour calmer mes douleurs stomacale (en parlant de ça, ça fonctionne même pas). En espérant que je me réaliserai davantage dans mon futur emploi (si j’en trouve un…).

En tout cas, même si ça a été pour me plaindre, ça me fait du bien de revenir écrire ici. Je vais tenter e reprendre du temps pour écrire et lire à nouveau. J’espère que vous allez tous et toutes bien et je vous souhaite une excellente année 2016 🙂

Si vous avez un avis sur la pression qu’on s’inflige pour rentrer dans un moule ou sur les difficultés à se conformer à un système, quel qu’il soit, vous pouvez réagir, je me ferai un plaisir d’échanger avec vous.

Plein de gentils bisous

Ophélie

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13 réflexions sur “Vivre ou réussir?

  1. Hello!
    je n’ai jamais vraiment réussi à “rentrer dans le moule” et je ne suis pas une adepte du système français. Pourtant je n’ai pas choisi un cursus facile (ES AbiBac) sans doute parce que je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour intégrer une bonne école et réussir mes études. Mais au fond est ce vraiment utile? Passer du temps à se mettre la pression et à avoir peur constamment de nos résultats est ce que c’est ça la réussite? Je me demande pourquoi on nous “formate” autant, pourquoi il y a toujours ce besoin de créer des élites dans les établissements…
    Ma pensée est un peu floue, il y a tellement de choses à dire la dessus mais ce soir je n’ai pas trop les mots pour m’exprimer… peut être que j’écrirai un article à ce sujet, ça fait un moment que j’y songe!
    Bisous,
    Léa.

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    • Merci pour ta réponse. Effectivement, AbiBac ce n’est pas rien! On doit apparemment passer par-là pour obtenir les sésames qui nous permettront de nous épanouir dans un domaine qui nous plaît. Jusque là le système veut qu’on trime. Manque de moyens? Vision limitée de l’éducation? Je ne sais pas ce qui explique les défauts de notre système éducatif quand on sait que ça se passe bien mieux en Allemagne ou dans les pays scandinaves. Une chose est sûre, le système actuel est nocif, élitiste et limité.
      Je comprends. Je serai ravie de te lire sur le sujet 🙂 Passe une bonne soirée.

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  2. Je ne peux te dire qu’une chose: le travail finit toujours par payer ma belle. En revanche, je te trouve trop dure envers toi-même. Essaie de concilier tes plaisirs avec ton exigence de réussite (facile à dire, hein?) tu ne t’en sentiras que mieux pour travailler. Bon, je te rassure, ça passe vite le temps des études. Tu seras sûrement rassurée lorsque tu auras un boulot.

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  3. Coucou Ophélie, je trouve aussi que tu es très exigeante envers toi même mais je serai mal placée pour parler… L’excellence finira par payer, j’en suis sûre mais je trouve cela dommage que l’on vive dans une société (enfin plutôt le système français ) qui ne permette pas un juste milieu. Une personne accomplie doit être à mon sens épanouie et dur dur de l’être quand tu es H24 dans les bouquins et tu commences à te demander si ça en vaut vraiment la peine… Je prends tout à fait … Nous n’en sommes pas du tout au même stade de nos vies mais sache que j’ai appris à relativiser et à me consacrer plus à moi avec le temps… Ce n’est pas simple. Bon courage. Bisous

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  4. Tu mets des mots sur ce que bon nombre d’étudiants subissent. Cette année, seulement en bac +2, j’en ai marre. J’adore ma filière hein, mais j’en ai marre. Je ne suis pas sûre qu’être en prépa soit forcément plus dur qu’être à la fac, mais la prépa a aussi cette saleté d’échéance couplée à la compétition et c’est ainsi qu’on entend à longueur de temps des expressions comme « le jour J », « c’est la meilleure copie qui est récompensée » « travaillez dur, c’est quoi, un an de votre vie ? » (sauf que non, c’est pas un an, c’est au moins cinq ans les études, et puis après c’est la vie active).
    Je ne sais pas comment on peut nous dire que les études supérieures sont les plus belles années de notre vie, à moins d’être un génie efficace, on est tous déprimés à un moment ou à un autre par la masse de travail attendue, c’est un tunnel dont on voit plus le bout parce qu’il est sans cesse allongé par les nouvelles choses qu’on nous demande. C’est normal d’accumuler les connaissances, d’apprendre, de devoir s’améliorer, mais il faut que le rythme reste soutenable.

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    • Ce que tu dis ça vaut un 25/20!
      C’est vrai qu’on a pas cet esprit de compétition dans ma branche mais je m’inflige ça toute seule ^^’ Enfin, j’ai vite compris que même en y mettant toute mon âme je ne peux pas rivaliser avec quelqu’un qui retient tout en allant juste au cours alors que moi je dois bosser des heures pour retenir quelque chose.
      A part serrer les dents, je ne sais pas trop ce qu’on peut faire. Mais comme j’ai déjà pû le dire, qu’on arrête de dire que c’est normal de bosser autant. Mon ancien prof de philo de terminale a pris de mes nouvelles récemment en me demandant si ça aller les études, je lui ai dit que si on oubliait le fait que je n’ai plus aucune vie sociale et que ma vie affective se trouve altérée par ça, ça allait pas trop mal et la réponse a été « On a rien sans rien ». Le genre de réponse qui m’énerve. Je trouve que la quantité de travail demandée à la fac n’est pas proportionnelle à la valeur du diplôme qu’on obtient. Exemple: la Licence qui ne nous forme à rien du tout alors qu’on trime pendant 3 ans.

      Je peux juste te dire de t’accrocher. Même si on galère, quand on aura nos diplômes on sera fière de nous parce qu’on aura réussi malgré tout ce travail, tout ce stress et toute cette pression. 🙂

      Bisous! (maintenant que je suis denouveau active j’ai pleinnnn de lecture à rattraper sur ton blog, je vais m’y mettre 😉 )

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      • Oui, c’est vrai que les profs ne sont pas très compréhensifs, parce qu’eux mêmes par rapport au travail qu’ils font en tant que prof leur charge de travail est au moins égale, voire supérieure à celle des étudiants
        Mais en fait j’ai décidé depuis longtemps que ma vie personnelle, mon bien être amical, affectif, valait largement plus qu’un concours que j’ai très peu de chances d’avoir et même que les études en général tant que j’arrive à m’en sortir, donc même si je culpabilise, si je peux me détendre, je le fais. D’ailleurs j’ai l’impression que les études ça peut détruire notre personnalité, notre originalité, on ne pense plus qu’à ça et ça devient tellement pesant qu’on a plus de temps pour nous, ne serait ce que pour déconner.
        Ah ça fait quelques temps que la fréquence des articles n’est pas au top niveau de mon côté, pas trop de temps et d’inspi. Mais j’espère me rattraper 🙂 (enfin pas pour l’instant, j’ai mon 2e concours blanc qui arrive…)
        Bon courage en tout cas 🙂

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      • Tu as bien raison. Je m’agenouille devant toi qui arrive à faire la part des choses! Si tu as des astuces pour éviter de culpabiliser, je suis preneuse, haha 🙂

        Merci et bon courage à toi aussi pour toutes tes échéances, bisous 🙂

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      • Malheureusement non, malgré mes propos je suis une grande stressée de la vie. Je sais que je ne dois pas m’en faire, mais je m’en fais quand même X) Il me reste plus que deux épreuves ! bisous 🙂

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  5. Je partage ton avis!! Je ne suis qu’en première année en étude sup, le chemin à parcourir me paraît long, et plus ça va, plus je me dis que c’est triste de penser comme ça, d’être mis en situation de stress tout le temps, d’être démotivée… Et je me pose aussi cette question sur l’équilibre par rapport aux études… Je viens de terminer mon semestre 2 (enfin pas tout à fait mais les partiels sont passées au moins), j’ai l’impression de m’être oubliée pendant 5 mois… Tout est passé hyper vite, enchaînement de dossiers, d’oraux, d’exams et de stress. J’ai depuis le début du semestre une lombalgie chronique (mal de dos épouvantable en gros) qui m’empêche de faire du sport et donc de me détendre, gros cercle vicieux puisque je crois que c’est justement à cause du stress que je suis dans cet état. Bref bref je compte bien me reprendre en main, retrouver joie et sérénité et me consacrer aux trucs que j’aime vraiment et que je mets de côté depuis 5 mois!! Et ma résolution pour l’année prochaine est de trouver un moyen d’être moins anxieuse, d’être mieux organiser pour pouvoir lâcher prise et ne pas centrer sa vie sur les études, je pense même que cet équilibre pourrait avoir des effets positifs sur mes études !

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    • Comme je me reconnais dans ce que tu dis. C’est pas évident la première année d’études, il faut tout réapprendre, trouver sa méthodologie, trouver son rythme également (c’est pour moi ce qui a été le plus dure à accepter). Comprendre qu’on est pas forcément du genre à réviser de manière efficace 8 heures par jour comme la personne d’en face. Enfin bref, tu es en quelque sorte dans une phase d’adaptation! Avec le temps, ça devrait s’améliorer 🙂
      Ce que je peux te conseiller c’est de t’écouter aussi. Si tu sais que tu es plus efficace en travaillant le soir que le matin, par exemple, profites-en pour te reposer en matinée et travaille à fond le soir. J’ai mis 3 ans à accepter mon rythme et à arrêter de vivre pour mes révisions (surtout la veille des examens)

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