Recette d’une histoire d’amour pourrie à succès

Salut, toi! Aujourd’hui, j’ai décidé de me bouger le cul et d’écrire un peu. Problème: sans inspiration, comment faire? J’ai un peu réfléchi du coup (si, je sais faire ça) et je me suis fortement documentée sur les tendances du moment et vu ce qui fonctionnait en ce moment (box office etc). C’est alors que j’ai eu comme une révélation. Un éclair, un truc, quoi!

Ce qui plaît de nos jours, ce ne sont pas les grands débats sociaux ou les causes environnementales. Ce qui fonctionne, en mars 2015, ce sont les histoires d’amour pourries! (avec ou sans cuir, fouets et autres jouets. C’est en option).

Loin de moi l’idée de vouloir profiter de cette tendance merdique pour faire des vues (mais si en fait) mais le vide de mon esprit légitime ce coup de pute.

Aux vues de mes sublimes qualités rédactionnelles (han , la connasse), je m’en vais vous écrire une histoire d’amour cul-cul en accéléré. Préparez vos mouchoirs, l’émotion va être grande!

Nous sommes donc dans un lieu X. Notre héroïne, j’ai nommé Poufiasse, vient d’arriver. Elle est brune, pas moche mais pas superbe non plus. Un peu fade, naïve et carrément passe partout. Sa timidité et son renfermement l’empêche d’aller vers les autres. Mais les autres, j’ai nommé la team des relous, s’en branlant complètement de la timidité de Poufiasse, la collent constamment et lui force la main pour qu’elle traîne avec eux. Elle dit trop rien et accepte sans broncher. (Quand je vous dis qu’elle a aucune personnalité, cette conne)

Mais ATTENTION, tandis que Poufiasse et team relous étaient en train de débattre de la bouffe de la cantine du lycée (ou de je ne sais quoi d’autre de merdique), quelque chose d’incroyable allait se produire! Incroyable, que dis je?En fait, c’est pas incroyable du tout mais dans la tête de Poufiasse c’est un truc de ouf. Elle aperçoit, j’ai nommé le grand BGT (Beau Gosse Ténébreux) arriver. Il est beau, il est grand et il est ténébreux. (sans déc’)  Le genre de mec qui ne parle à personne et qu méprise profondément le monde entier. Dans la vie réelle, il serait traité de pestiféré ou d’alien mais forcément, on est dans une fiction donc là il est cool. Bref, leur rencontre ça donne:

Image au ralenti. Poufiasse se retourne, le vent dans les cheveux, makeup parfait, l’air débile comme à son habitude, la bouche entrouverte du style « oh, comme je suis étonnée ». BGT arrive, démarche de vainqueur, cheveux coiffés-décoiffés trop hype (ça se dit encore?), regard de braise, toussa toussa.

bouche

 Illustration parfaite de la tête de conne

J’arrête avec cette description pourrie, ça me donne de l’eczéma. Mais alors, que faut-il donc retenir? Et bien c’est très simple. BGT a tapé dans l’œil de Poufiasse et inversement (mais Poufiasse est beaucoup trop conne pour s’en rendre compte). A savoir que, comme par hasard, c’est la meuf la plus inintéressante du bahut qui intéresse le mec le plus populaire. C’est bel et bien une fiction, y a aucun doute!

Et TOUT le reste de l’histoire va se développer autour de cette relation amoureuse ennuyeuse et terriblement clichée. Les discussions du couple de protagonistes tournera en permanence autour de ces quelques phrases (vous allez voir, j’ai raison):

– BGT, pourquoi moi plutôt qu’une autre?

– … Parce que tu n’es pas comme les autres, Poufiasse…

Bah ça, plus godiche, effectivement, y a pas!

– Je ne mérite pas ton amour, Poufiasse…

– Ne dis pas ça BGT! Je t’aime!

Et gnagnagna blablabla on sait on sait! La suite.

– Tu ne parles jamais de ton passé, BGT…

– C’est pour ton bien, Poufiasse! J’ai fait des choses que je regrette aujourd’hui…

S’en suivra une scène potentiellement torride qui contentera les ménagères déçues de leur vie sentimentale ou/et sexuelle (parce que ce qu’elles veulent, c’est s’identifier à Poufiasse. C’est d’ailleurs pour ça qu’on développe pas trop ses traits de personnalité, pour que toutes s’y retrouvent).

giphy (2)

 Torride, j’vous dis.

Ensuite l’élément perturbateur: souvent un secret qui explique le caractère ténébreux et torturé de BGT puis les méchants qui veulent du mal à BGT et qui ont décidé d’utiliser Poufiasse pour arriver à leurs fins.

On prend donc Poufiasse en otage ou un truc du genre pour pouvoir faire chier BGT. S’en suit un combat kitch et carrément pas épique. Les gentils gagnent bien sûr (sinon on peut pas continuer à faire fantasmer la ménagère) mais un des deux protagonistes est blessé! Oh nonnnnnn, pourquoi tant de haine? Quelle misère! Quelle tragédie! … … … Ah mais mais non ça va en fait, il/elle a juste une petite blessure qui ne met pas à mal son sex appeal (à savoir que son visage/sa coiffure/son makeup sont toujours niquels!). Bordel, que c’est beau! J’en chialerai presque! (LOL)

Et finalement le couple devient plus fort, plus beau et plus sexy que jamais, et c’est la fin.

C’était bien, hein? NAN JE DECONNE. Nul à chier, on est d’accord (si t’es pas d’accord, c’est pareil, c’est moi qui décide ici!). Je demande de meilleurs concepts d’urgence!

D’ailleurs, si tu as une idée de scénario à suggérer, vas-y! Fais nous rêver 😀

Bisous Poutou

Ophélie

Publicités

7 réflexions sur “Recette d’une histoire d’amour pourrie à succès

  1. Enfin quelqu’un formule ce que la plupart des gens un minimum sensés pensent tout bas ! Ce que je rêve de faire, c’est d’écrire des scénarios parodiques où toutes les facettes super nazes de ces caractères de pacotiques sont dévoilées. On les verrait aux toilettes, on les verrait en train de raconter toute leur vie inintéréssante au téléphone dans des scènes interminables de trois heures vingt-sept, on verrait le BGT se faire un clin d’oeil à lui-même dans le miroir de sa salle de bain tous les matins, et la Poufiasse en train de se mettre des tonnes de fond de teint orange (ou blanc c’est selon la thématique du film), on les verrait parler comme ça « Wesh comment ça va, t’es charmante » « As-y sale chien t’as cru j’étais une p*** » « Bah ouais » « J’avoue t’as raison »… Bref, nominée aux Césars dans la catégorie « documentaire » époustouflant de réalisme !

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Retour sur une année bordélique | Oh, faits de quotidien

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s